La résolution 425 du Conseil de sécurité de l’ONU et la participation française à la FINUL 1978 (Joseph Hokayem)

FINUL, Guerre civile libanaise (1975-1990), Guerre du Liban (1975-1990), Travaux de recherche personnels

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Contexte historique

 

Dans la nuit du 14 mars 1978, en riposte à une opération de fedayin palestiniens infiltrés à partir du Liban le 11 mars, et qui fait 37 tués près de Tel-Aviv, Tsahal envahit le Liban-Sud. Baptisée « Opération Litani », l’opération ne vise ni l’armée libanaise ni la Force arabe de dissuasion (FAD). Son but déclaré est de liquider les bases de fedayin à partir desquelles ces derniers lancent des attaques contre Israël.

 

C’est ainsi que plus de 25000 hommes soutenus par des blindés envahissent par trois axes le Sud-Liban. L’invasion terrestre est soutenue par des attaques navales contre les ports de Saïda et de Tyr, ainsi que par des raids aériens tout le long de la route côtière menant au Liban-Sud, et tenue principalement par les différentes factions palestiniennes.

 

Le 15 mars, Ezer Weizmann, ministre de la Défense israélien, affirme qu’Israël n’a pas l’intention d’occuper le Liban-Sud, tandis que le chef d’état-major de Tsahal, Mordechaï Gour, déclare vouloir établir une ceinture de sécurité le long de la frontière avec le Liban. Il assure que ses forces n’attaqueront que des objectifs situés dans une bande frontalière de 10 kilomètres de profondeur et n’atteindront pas le Litani. Pour confirmer toutes ces déclarations, le Premier ministre Menahem Begin annonce qu’Israël va créer un no man’s land dans une bande de 10 kilomètres de profondeur et 80 kilomètres de longueur. Radio Tel-Aviv annonce quant à elle que cette bande, nettoyée de toute présence palestinienne, sera remise aux milices chrétiennes dont Israël compte faire une véritable armée.

 

Le lendemain, l’offensive se poursuit pour réduire les dernières poches de résistance et détruire les batteries qui tirent sur la Haute Galilée. Les israéliens se heurtent à une résistance inattendue dans l’Arkoub, où se déroulent des combats au corps à corps. Le 17 mars, les combats gagnent en intensité et s’étendent.

 

Le 18 mars, les israéliens attaquent au nord des 10 kilomètres de profondeur initialement fixés et avancent vers le pont de Khardali sur le Litani. L’aviation bombarde Nabatiyeh, le château de Beaufort et Ansar où les fedayin ont aménagé une piste d’atterrissage de fortune. Le 19 mars, l’aviation fait usage de bombes à fragmentation pour la première fois.

 

Résolution 425 du Conseil de sécurité et création de la FINUL

 

Le 19 mars 1978, suite aux derniers événements tragiques qui secouent le Liban-Sud, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit et adopte la résolution 425, qui ne condamne pas Israël, mais lui demande « que soient respectées l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance politique du Liban dans ses frontières internationalement reconnues, qu’Israël cesse immédiatement son action militaire à l’intérieur du Liban et retire sans délai ses forces de tout le territoire libanais ». La résolution décide également, à la demande du gouvernement libanais, de créer une Force intérimaire des Nations-Unies pour le Liban (FINUL).

 

La FINUL a pour missions de : « confirmer le retrait des forces israéliennes » et « aider le gouvernement libanais à assurer la restauration de son autorité effective dans la région ». C’est une mission doublement impossible car si l’armée israélienne se replie effectivement derrière la frontière, elle laisse derrière elle une « ceinture de sécurité », c’est-à-dire une série d’enclaves chrétiennes, solidement armées et assurant la protection de la zone de sécurité contre les incursions palestiniennes. Quant au fait de restaurer la souveraineté libanaise dans le sud, cette mission n’est applicable qu’à la seule condition de résorber l’Etat dans l’Etat que représente l’implantation palestinienne. Or, rien dans le mandat de la FINUL n’autorise les Casques bleus à entreprendre une action de ce genre.

 

Suite à son implantation géographique, la FINUL fait face, dans sa zone géographique, à la milice chrétienne locale alliée d’Israël, aux forces israéliennes, aux palestiniens, et enfin aux milices chiites dont notamment le Hezbollah. Cette force est ainsi placée dans une situation rendant impossible l’application des missions qui lui sont assignées. Sa présence est cependant un élément stabilisateur et est appréciée par les populations vivant dans un état de guerre permanent.

 

Les modalités de fonctionnement de la FINUL sont définies le 20 mars 1978 par la résolution 426 qui en fixe les effectifs à 4000 hommes initialement, qui seront portés à 6000 hommes par la résolution 427 du 3 mai 1978.

 

Début d’application de la résolution 425 et déploiement des premiers éléments français de la FINUL au Liban

 

Les 20 et 21 mars 1978, les israéliens stoppent leur avance et consolident leurs positions. Ils continuent le bombardement du Arkoub et de Tyr, entraînant la riposte des palestiniens qui pilonnent des localités israéliennes. Ce n’est que le 28 mars 1978 qu’Arafat ordonne un cessez-le-feu général, après avoir reçu des menaces israéliennes de reprendre l’offensive.

 

Le bilan de l’invasion israélienne est évalué côté libanais à 1168 morts dont 50% sont des civils. Les palestino-progressistes déplorent 150 à 200 morts selon l’OLP, 250 à 400 morts selon Israël. Les pertes israéliennes s’élèvent à 20 morts selon Tel-Aviv, 450 morts et blessés selon les palestiniens. Selon la Croix-Rouge, 80% des localités du Liban-Sud ont subi de sérieux dommages et sept ont été quasiment détruites. 285000 Sudistes ont dû subir l’exode.

 

Le détachement français mis à la disposition de l’ONU pour faire partie de la FINUL (mars 1978)

 

Le premier contingent français participant à la FINUL est composé d’éléments du 3e RPIMa basé à Carcassonne, ayant à sa tête le Colonel Jean Salvan. Il est composé d’un élément de commandement et de 3 Compagnies de Combat. Il est renforcé par des éléments de reconnaissance du 17e Génie, des éléments du 1er Escadron du Régiment d’Infanterie et de Chars de Marine (1er RICM), d’une section de réparation du matériel, …

 

Les premiers éléments français arrivent le 22 mars à Beyrouth. Ils sont suivis de près par le reste du contingent, le 23 mars. Dès leur arrivée, ils font l’objet d’un accueil particulièrement chaleureux. Le lendemain, ils reçoivent l’ordre de se porter au plus tôt dans la région de Tyr, avec pour instructions de n’entreprendre aucune action sans obtenir l’accord de toutes les parties intéressées et en agissant avec souplesse, patience et modération, l’emploi des armes devant être réservé à la légitime défense.

 

Le Colonel Salvan fait établir sa base d’opérations dans la caserne de Tyr, auparavant occupée par un petit détachement palestinien. La FINUL refuse l’engagement d’un combat contre les palestiniens pour se saisir du pont de Kasmiyé. En effet, ce pont commande la seule route par laquelle les palestiniens peuvent acheminer du matériel vers la poche qu’ils conservent à Tyr. Pour cette raison, ces derniers refusent de le céder à la FINUL. Dans ces conditions, le contingent français décide de verrouiller la poche de Tyr.

 

Le 26 mars, les premiers postes sont mis en place. Pour se familiariser avec le terrain, et prouver à toutes les parties en présence leur présence, les parachutistes français poussent des patrouilles à pied ou motorisées dans toutes les directions. Ceci va leur permettre de découvrir très rapidement des dépôts importants d’armes, de mines et de munitions accumulés par les palestiniens au fil des années.

 

La caserne de Tyr et les divers postes d’observation sont harcelés quotidiennement par les palestiniens, entraînant une réplique vigoureuse à chaque fois que le tir est ajusté. Le caporal-chef Godiris est le premier parachutiste français à tomber, le 24 avril 1978, au cours d’un de ces tirs de harcèlement.

 

Le 2 mai 1978, en fin d’après-midi, un petit convoi de ravitaillement français tombe dans une embuscade, à 4 kilomètres à l’est de Tyr. En même temps, une centaine de combattants palestino-progressistes attaquent la caserne de Tyr. En début de soirée, en allant négocier un cessez-le-feu avec les palestino-progressistes, le Colonel Salvan, l’Adjudant Santini et le Caporal Meresse sont pris dans une embuscade, sous un feu nourri d’armes automatiques. Santini est tué sur le coup, Salvan et Meresse sont gravement touchés. Le bilan de la journée pour le contingent français est lourd : 3 morts, 13 blessés et le commandant du contingent mis hors de combat. Mis dans l’incapacité de continuer à assumer son commandement, le Colonel Salvan est remplacé par le Lieutenant-colonel Viard.

 

Des incidents, provoqués aussi bien par les milices chrétiennes sous instigation israélienne que par les palestino-progressistes, se produiront jusqu’à la fin du séjour du premier contingent français au Liban. Le 3e RPIMa sera remplacé par des éléments du 8e RPIMa appuyés d’un escadron du 1er Hussards.

 

En conclusion, nous pouvons dire que le problème du Liban moderne est d’assurer la coexistence d’une chrétienté homogène, enracinée, décidée à conserver sa foi et son mode de vie, avec un Islam remuant, obsédé par l’unité arabe, fasciné par les révolutions de la périphérie. C’est à cette œuvre que les Casques bleus de la France ont contribué par leur dévouement et leurs sacrifices malgré leurs faibles moyens et le secteur restreint qui leur était imparti.

 

Texte de la résolution 425 du Conseil de Sécurité de l’ONU du 19 mars 1978

 

Le Conseil de sécurité,

 

Prenant note des lettres du représentant permanent du Liban (S/12600 et S/12606) et du représentant permanent d’Israël (S/12607),

 

Ayant entendu les déclarations des représentants permanents du Liban et d’Israël,

 

Gravement préoccupé par la détérioration de la situation au Moyen-Orient et ses conséquences pour le maintien de la paix internationale,

 

Convaincu que la présente situation entrave l’instauration d’une juste paix au Moyen-Orient,

 

1-Demande que soient strictement respectées l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance politique du Liban à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues.

 

2-Demande à Israël de cesser immédiatement son action militaire contre l’intégrité territoriale du Liban et de retirer sans délai ses forces de tout le territoire libanais.

 

3-Décide, compte tenu de la demande du gouvernement libanais, d’établir immédiatement sous son autorité une Force intérimaire des Nations unies pour le sud du Liban aux fins de confirmer le retrait des forces israéliennes, de rétablir la paix et la sécurité internationales et d’aider le gouvernement libanais à assurer la restauration de son autorité effective dans la région, cette force étant composée de personnels fournis par des Etats membres de l’Organisation des Nations unies.

 

4-Prie le secrétaire général de lui faire rapport dans les vingt-quatre heures sur l’application de la présente résolution.

 

Bibliographie

 

-Alain Gresh et Dominique Vidal, Les 100 clés du Proche-Orient, Ed. Hachette Littératures, Coll. Pluriel, 2003.

 

-Georges Corm, Le Proche-Orient éclaté : 1956-2000, Ed. Gallimard, Coll. Folio histoire, 2001.

 

-Jean Daniel, La guerre et la paix Israël-Palestine. Chroniques : 1956-2003, Ed. Odile Jacob, 2003.

 

-Karim Pakradouni, La paix manquée. Le mandat d’Elias Sarkis (1976-1982), Ed. FMA, 1983.

 

-Jean Sarkis, Histoire de la guerre du Liban, Ed. PUF, 1993.

 

-L’Orient-Le Jour, quotidien libanais francophone, de l’année 1978.

23 mars 1949: La Convention d’armistice

Armée des Volontaires Arabes, Armée Egyptienne, Armée Israélienne (Tsahal), Armée Jordanienne, Armée Libanaise, Armée Syrienne, FINUL, Guerre de 1948

Le 5 juin 1948, le Liban entre en guerre contre Israël, rejoignant les forces arabes déjà engagées dans l’offensive. Les « volontaires arabes » sont dans la bataille depuis janvier 1948. Au lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël, le 15 mai 1948, c’est au tour des armées régulières arabes (Egypte, Liban, Jordanie et Syrie) d’entrer en Palestine.

 

L’armée libanaise intervient pour se porter au secours des volontaires mis en difficulté après la perte de Malkiyé. Le village sera repris par les unités de l’armée libanaise et de l’armée syrienne et les Forces de la libération dans la deuxième bataille de Malkiyé. Puis, l’armée israélienne reprendra du terrain jusqu’à occuper les villages au-delà de la frontière: les sionistes avanceront jusqu’à Blida, Aïtaroun, Aïta el-Chaab. Plus de 45000 villageois fuient leurs terres.

 

Le 16 novembre 1948, c’est l’armistice en Palestine. Un an plus tard, le 1er mars 1949, débute la conférence à Naqoura qui entérine les discussions entamées dans l’île grecque de Rhodes en février de la même année. Le 23 mars au soir, s’ouvre à l’hôtel Normandy, à Beyrouth, une conférence de presse qui rend compte de la cérémonie de Naqoura: l’accord d’armistice entre Israël et le Liban a été signé le matin même.

 

L’ONUST: LES GARDES DE LA FRONTIERE

 

51 hommes de 22 pays patrouillent aujourd’hui la frontière libano-israélienne. Ces casques bleus de l’ONU forment le Groupe de surveillance du Liban, dépendant de l’Organisation de contrôle de la Trêve des Nations Unies (ONUST), institué par la Commission d’armistice établie par la convention libano-israélienne, signée en 1949. Leur mission: surveiller la ligne de démarcation de l’armistice. Ils sont « sous contrôle opérationnels » de la Force des Nations Unies au Liban, FINUL (plus de 4500 hommes). Ils opèrent à partir de cinq postes établis le long de la frontière côté libanais et délivrent des rapports quotidiens.

La dernière réunion de la Commission d’armistice remonte à trente-trois ans.

 

Les israéliens entament leur retrait de la zone frontalière, les villages évacués ne seront officiellement remis aux autorités libanaises que le 2 avril suivant l’accord. Quant aux troupes syriennes, elles ont commencé à se retirer du territoire libanais, depuis le 28 mars. « En fait, les israéliens conditionnaient leur retrait à celui de l’armée syrienne, note ce diplomate libanais alors en poste, comme ils le feront quarante ans plus tard. Le maintien des troupes syriennes en 1983 annulera de facto l’arrangement tripartite libano-israélo-américain du 17 mai 1983 ».

 

Parallèlement aux négociations israélo-libanaises qui aboutiront à la signature de la Convention d’armistice, se déroulaient dans le palais de l’UNESCO à Beyrouth, des pourparlers entre des délégués de l’ONU et les ministres arabes des Affaires Etrangères. Leur objectif: régler la question des réfugiés palestiniens.

 

Si la convention d’armistice signée entre le Liban et Israël arrêtait un conflit armé, elle s’inscrivait dans le cadre d’un processus de paix global entre Israël et ses voisins arabes. « L’établissement d’un armistice entre les forces armées des deux parties est accepté comme une étape indispensable vers la liquidation du conflit armé et la restauration de la paix », dit l’article premier de la Convention. A ce titre, c’est la première tentative de négociations de paix entre le Liban et l’Etat d’Israël. C’est aussi la seule convention engageant les deux parties. Aujourd’hui encore, l’Organisation de contrôle de la trêve des Nations Unies (ONUST) mise en place par la commission mixte d’armistice fonctionne toujours des deux côtés.

 

Elle venait confirmer le tracé de la frontière entre les deux pays, celle délimitée sous mandat, vingt ans plus tôt, par les diplomates Paulet et Newcomb: « La ligne de démarcation d’armistice suivra la frontière internationale entre le Liban et la Palestine », dit le paragraphe I de l’article V.

 

Sur les quatre autres accords conclus avec les autres pays arabes, la convention libano-israélienne est la seule à ne pas modifier le tracé de la frontière internationale négocié par les puissances mandataires. La frontière entre le Liban et la Palestine change de statut – elle devient une ligne de démarcation qui sépare les forces armées des deux parties. Le tracé est le même, il se confond avec la frontière de 1923.

 

Quelques mois après la signature de la convention, une commission de délimitation de la frontière est instituée. Son rapport sera terminé le 15 décembre 1949 après un relevé sur le terrain des démarcations effectives (border-stones), afin de fixer la frontière définitive. « Son rapport confirme point par point, la démarcation de 1923, et la précise encore plus, explique l’historien Issam Khalifé, auteur de nombreux ouvrages sur la frontière israélo-libanaise et ses enjeux. Il sera remis devant l’ONU ».

 

Arguant de la participation du Liban dans la guerre de 1967, Israël déclarera caduc l’accord d’armistice, le 14 août 1967.

 

Considérée comme une étape provisoire vers la réalisation de la paix globale, la Convention ne saurait être annulée ou remplacée que par la conclusion d’un accord de paix. La Convention d’armistice demeure la norme qui régit les deux parties jusqu’à aujourd’hui.

 

« La seule conséquence géographique des combats libano-israéliens est l’extension par Israël de sa domination sur l’ensemble des territoires revenant aux arabes de Palestine selon le plan du partage et qui s’intercalaient entre la frontière Nord de l’Etat d’Israël et la frontière Sud de l’Etat libanais », écrit Nasri Diab… Entendre les terrains des villages frontaliers. Mais c’est aussi une zone-tampon arabe qui séparait Israël du Liban qui disparaît. Elle sera remplacée par une autre quelques années plus tard: la zone dite de sécurité, placée cette fois en territoire libanais et non palestinien.

 

(Magazine du 26 novembre 1999)

Liban-Sud: Le ministre irlandais de la Défense dénonce la « brutalité » des tirs. Des postes de la FINUL pris pour cible par Israël (L’Orient-Le Jour du 22 juin 1999)

Armée du Liban-Sud, Armée Israélienne (Tsahal), FINUL, Hezbollah

Trois postes de la force internationale au Liban-Sud ont été touchés hier par des obus tirés depuis la zone occupée par Israël, contraignant le ministre irlandais de la Défense à retarder une visite au contingent de son pays.

Un obus est tombé sur le poste du contingent irlandais de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) à Baraachit et un autre sur le poste voisin de Haddatha, des localités situées à la bordure extérieure du secteur central de la zone occupée, a précisé un officier de cette force. Un obus a également touché un poste du contingent polonais à Tebnine. « Les obus, qui ont causé des dégâts, n’ont pas fait de victimes. Ils ont été tirés du Sud », a-t-il précisé. Le bombardement est intervenu vers 8h lors d’un duel d’artillerie qui a opposé pendant une heure les commandos du Hezbollah d’une part, et l’armée israélienne et sa milice l’Armée du LIban-Sud (ALS), de l’autre. Le ministre irlandais de la Défense, Michael Smith, arrivé dimanche soir au Liban pour visiter les positions du contingent de son pays, a dû attendre pendant plus de deux heures dans le port de Tyr (Liban-Sud) avant d’effectuer sa tournée, a-t-on appris auprès de la FINUL.

« Je tiens absolument à obtenir des garanties définitives d’Israël sur la sécurité de nos soldats au Sud », avait-il déclaré à son arrivée au Liban.

« J’entends protester auprès des officiels israéliens sur la brutalité des tirs aveugles », a-t-il ajouté.

Jezzine: Les familles des miliciens gagnent la bande frontalière. L’ALS s’apprête au départ (L’Orient-Le Jour du 29 mai 1999)

Armée du Liban-Sud, Armée Libanaise, FINUL, Hezbollah

Le retrait de l’ALS de Jezzine ne serait plus qu’une question de deux ou trois jours. Les mouvements de troupes observés dans la région par notre correspondant au Sud, Saïd Maalaoui, le confirment. De fait, les blindés et chars de la milice ont commencé à être regroupés depuis hier soir au carrefour de Majdel Aïn entre Jezzine et Kfarhouna en prévision du départ, et les installations militaires auraient déjà été toutes démantelées.

Par ailleurs, un député du caza indique que les familles des hauts responsables de la milice pro-israélienne ont déjà commencé à gagner la bande frontalière de peur d’éventuelles représailles exercées par le Hezbollah.

D’autres indices confortent la thèse d’un retrait imminent: le chef de l’Armée du Liban-Sud, Antoine Lahd, devait se réunir ce matin avec les notables de la région pour évoquer l’avenir de Jezzine. Or, cette rencontre aurait été reportée sine die, apprend-on de sources informées.

Mais si l’évacuation de Jezzine ne fait plus de doute, les modalités du retrait restent encore floues. Une source proche du pouvoir a confirmé hier les mouvements de troupes susmentionnés. En revanche, elle estime que le repli de l’ALS vers la zone occupée sera progressif « pour des considérations proprement israéliennes qui ne concernent en aucune façon l’Etat libanais ».

Soit. Mais quelles sont les mesures que le gouvernement prendra pour combler le vide laissé par la milice d’Antoine Lahd et rassurer les quelques milliers d’habitants qui n’ont pas quitté la ville? Notre correspondant au Sud affirme que le Hezbollah n’a nullement l’intention d’entrer à Jezzine. Mais, à supposer que ce soit le cas, le commandement du parti islamiste pourra-t-il contrôler d’éventuels débordements de la part de ses combattants?

 

LA GARANTIE DES FSI

 

Selon des sources diplomatiques, le Cabinet Hoss aurait déjà décidé d’envoyer à Jezzine un bataillon de Forces de Sécurité Intérieure doté de blindés dès le départ de l’ALS. Une intervention de l’armée libanaise ne serait donc pas envisagée pour le moment. Le pouvoir ne veut en aucun cas donner à l’Etat hébreu le prétexte d’un retrait par étapes. Les mêmes sources rappellent que, lors de la conférence de Madrid en 1991, et à l’occasion d’un entretien avec son homologue libanais Farès Boueiz, l’ancien secrétaire d’Etat américain, James Baker, avait lancé l’idée d’un retrait de « Jezzine d’abord ». M. Boueiz avait alors répondu en réitérant les constantes de la politique officielle à l’égard de l’occupation israélienne, en l’occurrence: l’Etat hébreu doit évacuer d’un seul coup l’ensemble du territoire qu’il occupe conformément à un calendrier de retrait préétabli et sous la supervision de la FINUL.

Les sources susmentionnées, citées par notre chroniqueur diplomatique, Khalil Fleyhan, reconnaissent d’autre part que « la situation est embarrassante ». L’équation est en effet difficile à résoudre. Il convient évidemment que le repli de l’ALS de Jezzine ait lieu sans incident. Mais il ne faut pas que cette évacuation se déroule dans le cadre d’un « Jezzine d’abord » répondant aux voeux d’Israël.

Par ailleurs, les mêmes sources diplomatiques affirment que le chef de l’ALS, Antoine Lahd, a pris seul la décision du retrait de Jezzine, sans même consulter au préalable ses alliés israéliens. Pour cause: la situation pour les miliciens de l’ALS était devenue pratiquement insupportable sur les plans psychologique et matériel: manque de motivation dans la lutte (contrairement à leurs adversaires de la résistance), l’allié israélien fournissant de plus en plus un armement de mauvaise qualité, des salaires devenus très insuffisants; telles sont les principales raisons qui expliquent les récentes et nombreuses défections dans les rangs de l’Armée du Liban-Sud…et sans doute la décision de Lahd d’abandonner Jezzine.

Au niveau de la population du caza, on constate déjà un mélange de crainte et de satisfaction. Crainte évidemment d’être des victimes directes ou indirectes d’éventuelles représailles de la résistance et joie de la libération à venir. Mais il y a aussi la peur de l’avenir: c’est le sentiment que reflète un communiqué publié hier par la Ligue des jeunes de Jezzine. Ces derniers invitent notamment les responsables au pouvoir « à remédier à tous les problèmes nés de l’occupation ».

23 mars 1949: La Convention d’armistice (Magazine du 26 novembre 1999)

Armée Egyptienne, Armée Israélienne (Tsahal), Armée Jordanienne, Armée Libanaise, Armée Syrienne, Casques Bleus, FINUL, Guerre de 1948, Palestiniens
Le 5 juin 1948, le Liban entre en guerre contre Israël, rejoignant les forces arabes déjà engagées dans l’offensive. Les “volontaires arabes” sont dans la bataille depuis janvier 1948. Au lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël, le 15 mai 1948, c’est au tour des armées régulières arabes (Egypte, Liban, Jordanie et Syrie) d’entrer en Palestine.
 
L’armée libanaise intervient pour se porter au secours des volontaires mis en difficulté après la perte de Malkiyé. Le village sera repris par les unités des armées syrienne et libanaise et les Forces de Libération dans la deuxième bataille de Malkiyé. Puis, l’armée israélienne reprendra du terrain jusqu’à occuper les villages au-delà de la frontière: les sionistes avanceront jusqu’à Blida, Aïtaroun, Aïta-Chaab. Plus de 45000 villageois fuient leurs terres.
 
Le 16 novembre 1948, c’est l’armistice en Palestine. Un an plus tard, le 1er mars 1949, débute la conférence à Naqoura qui entérine les discussions entamées dans l’île grecque de Rhodes en février de la même année. Le 23 mars au soir, s’ouvre à l’hôtel Normandy, à Beyrouth, une conférence de presse qui rend compte de la cérémonie de Naqoura: l’accord d’armistice entre Israël et le Liban a été signé le matin même.
 
L’ONUST: les gardes de la frontière
 
51 hommes de 22 pays patrouillent aujourd’hui la frontière libano-israélienne. Ces Casques bleus de l’ONU forment le Groupe de surveillance du Liban, dépendant de l’Organisation de contrôle de la trêve des Nations Unies (ONUST), institué par la Commission d’armistice établie par la convention libano-israélienne, signée en 1949. Leur mission: surveiller la ligne de démarcation de l’armistice. Ils sont “sous contrôle opérationnel” de la Force des Nations Unies au Liban, FINUL (plus de 4500 hommes). Ils opèrent à partir de cinq postes établis le long de la frontière côté libanais et délivrent des rapports quotidiens.
 
La dernière réunion de la Commission d’armistice remonte à trente-trois ans.
 
Les israéliens entament leur retrait de la zone frontalière, les villages évacués ne seront officiellement remis aux autorités libanaises que le 2 avril suivant l’accord. Quant aux troupes syriennes, elles ont commencé à se retirer du territoire libanais, depuis le 28 mars. “En fait, les israéliens conditionnaient leur retrait à celui de l’armée syrienne, note ce diplomate libanais alors en poste, comme ils le feront quarante ans plus tard.
 
Le maintien des troupes syriennes en 1983 annulera de facto l’arrangement tripartite libano-israélo-américain du 17 mai 1983”.
 
Parallèlement aux négociations israélo-libanaises qui aboutiront à la signature de la Convention d’armistice, se déroulaient dans le palais de l’UNESCO à Beyrouth, des pourparlers entre des délégués de l’ONU et les ministres arabes des Affaires Etrangères. Leur objectif: régler la question des réfugiés palestiniens.
 
Si la convention d’armistice signée entrele Liban et Israël arrêtait un conflit armé, ele s’inscrivait dans le cadre d’un processus de paix global entre Israël et ses voisins arabes. “L’établissement d’un armistice entre les forces armées des deux parties est accepté comme une étape indispensable vers la liquidation du conflit armé et la restauration de la paix”, dit l’article premier de la Convention. A ce titre, c’est la première tentative de négociations de paix entre le Liban et l’Etat hébreu. C’est aussi la seule convention engageant les deux parties. Aujourd’hui encore, l’Organisation de contrôle de la trêve des Nations Unies (ONUST) mise en place par la commission mixte d’armistice fonctionne toujours des deux côtés.
 
Elle venait confirmer le tracé de la frontière entre les deux pays, celle délimitée sous mandat, vingt ans plus tôt, par les diplomates Paulet et Newcomb: “La ligne de démarcation d’armistice suivra la frontière internationale entre le Liban et la Palestine”, dit le paragraphe I de l’article V.
 
Sur les quatre autres accords conclus avec les autres pays arabes, la convention libano-israélienne est la seule à ne pas modifier le tracé de la frontière internationale négocié par les puissances mandataires. La frontière entre le Liban et la Palestine change de statut – elle devient une ligne de démarcation qui sépare les forces armées des deux parties. Le tracé est le même, il se confond avec la frontière de 1923.
 
Quelques mois après la signature de la convention, une commission de délimitation de la frontière est instituée. Son rapport sera terminé le 15 décembre 1949 après un relevé sur le terrain des démarcations effectives (border-stones), afin de fixer la frontière définitive. “Son rapport confirme point par point la démarcation de 1923, et la précise encore plus, explique l’historien Issam Khalifé, auteur de nombreux ouvrages sur la frontière israélo-libanaise et ses enjeux. Il sera remis devant l’ONU”.
 
Arguant de la participation du Liban dans la guerre de 1967, Israël déclarera caduc l’accord d’armistice, le 14 août 1967.
 
Considérée comme une étape provisoire vers la réalisation de la paix globale, la Convention ne saurait être annulée ou remplacée que par la conclusion d’un accord de paix. La Convention d’armistice demeure la norme qui régit les deux parties jusqu’à aujourd’hui…
 
“La seule conséquence géographique des combats libano-israéliens est l’extension par Israël de sa domination sur l’ensemble des territoires revenant aux arabes de Palestine selon le plan du partage et qui s’intercalaient entre la frontière Nord de l’Etat d’Israël et la frontière Sud de l’Etat libanais”, écrit Nasri Diab… Entendre les terrains des villages frontaliers. Mais c’est aussi une zone tampon arabe qui séparait Israël du Liban qui disparaît. Elle sera remplacée par une autre quelques années plus tard: la zone dite de sécurité, placée cette fois en territoire libanais et non palestinien.

Escalade – Katiouchas sur la Galilée, en riposte aux pertes civiles. L’aviation israélienne s’acharne à l’aube sur les centrales électriques (L’Orient-Le Jour du vendredi 5 mai 2000)

Armée Israélienne (Tsahal), Armée Libanaise, FINUL, Hezbollah

La situation s’est détériorée subitement hier sur le terrain, au moment où l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Terje Roed-Larsen, examinait avec les autorités libanaises, les modalités d’un déploiement d’une force des Nations Unies après le retrait israélien du Liban-Sud, prévu d’ici juillet.

 

Pour la première fois depuis juin dernier, le Hezbollah a tiré des roquettes de type Katioucha sur le nord de la Galilée ripostant ainsi à la mort de deux femmes, quelques heures plus tôt, dans le bombardement israélien du village de Qatrani au sud de Jezzine. Les représailles israéliennes ne se sont pas fait attendre et l’aviation de l’Etat hébreu a violemment bombardé, à partir de 2h20 du matin, les centrales électriques de Bsalim (Metn) et de Beddawi près de Tripoli. Les bombardements ont plongé plusieurs quartiers de la capitale et de ses environs dans l’obscurité. De nombreux habitants se sont réveillés dans la panique après que les appareils eurent crevé le mur du son au-dessus de Beyrouth.

 

Presque simultanément, les avions israéliens bombardaient un dépôt d’armes du Hezbollah dans la Békaa. Les chasseurs-bombardiers ont tiré des missiles dans une zone résidentielle située entre les villes de Zahlé et Baalbeck. Une de ses attaques a visé une station d’essence, située à l’entrée de la localité de Brital.

 

Les déflagrations, suivies de longues rafales de tirs de DCA, ont secoué Beyrouth et ses environs. A l’heure de mettre sous presse, aucun chiffre n’était encore disponible quant au nombre des victimes.

 

Le Cabinet de sécurité israélien s’était auparavant réuni au siège du ministère de la Défense à Tel-Aviv sous la présidence du Premier ministre Ehud Barak. Selon la radio publique israélienne, « les participants ont convenu qu’il ne peut pas ne pas y avoir de réaction israélienne à l’attaque du Hezbollah ». Le Cabinet était « divisé en deux groupes, l’un prônant une vive réaction, le second se prononçant pour la modération », avait précisé la radio qui a fait était de cinq salves qui se sont abattues sur ce secteur, dit du « doigt de la Galilée ».

 

Cela dit, des efforts internationaux seront déployés au cours des prochains jours, pour tenter de calmer le jeu au Liban-Sud, à l’heure où les israéliens s’apprêtent à se retirer de cette région. Les Etats-Unis, qui ont exprimé leur inquiétude devant la détérioration de la situation, doivent entreprendre des contacts avec les parties au conflit au Liban-Sud pour les appeler à la retenue.

Liban-Sud: Trois tués et sept blessés parmi les miliciens pro-israéliens. Le Hezbollah se déchaîne contre l’ALS (L’Orient-Le Jour du samedi 29 avril 2000)

Armée Israélienne (Tsahal), Armée Syrienne, FINUL, Hezbollah

Le Hezbollah a intensifié hier ses attaques au Liban-Sud, prenant pour cible plus de vingt positions des troupes israéliennes et de l’ALS dans la zone occupée et faisant sauter un des fortins de l’ALS à Aramta. Le bilan de cette journée s’est élevé à trois morts et sept blessés dans les rangs des miliciens pro-israéliens, alors qu’un soldat israélien était blessé et que le parti intégriste perdait un de ses combattants.

 

Cette escalade est survenue alors qu’en Israël l’émissaire de l’ONU, Terje Roed-Larsen, poursuivait ses entretiens centrés sur les modalités du retrait israélien prévu d’ici au 7 juillet. La France, de son côté, a appelé les protagonistes à « l’apaisement de la tension » sur le terrain au Liban-Sud, alors que l’Union Européenne s’apprête à envoyer dans la région son émissaire Miguel Angel Moratinos, attendu au Liban le 8 mai.

 

Pour sa part, le colonel Bachar el-Assad a mis en garde dans une interview hier au Wall Street Journal contre un retrait unilatéral d’Israël du Liban-Sud, « source de tension », selon lui.

L’aviation israélienne multiplie les raids (L’Orient-Le Jour du samedi 18 mars 2000)

Armée Israélienne (Tsahal), Armée Libanaise, FINUL, Hezbollah

L’escalade sur le terrain au Liban-Sud devient d’autant plus grave qu’elle échappe pratiquement à tout contrôle depuis que l’Etat hébreu a décidé de boycotter les réunions du comité de surveillance.

 

De fait, l’aviation israélienne a effectué jeudi après-midi quatre raids contre un ravin jouxtant Birkit Jabbour, à 5 km de la bordure du secteur oriental de la zone occupée. Les huit missiles air-sol lancés par les appareils israéliens n’ont pas fait de victimes. Selon une source de sécurité, les avions ont tiré sur un commando du Hezbollah qui rentrait d’une mission de reconnaissance dans le secteur oriental de la zone occupée. La DCA de l’armée a riposté en direction des avions israéliens sans toutefois les atteindre.

 

La veille, mercredi, les appareils ennemis avaient effectué quatre raids, trois sur la région de Zebqine-Jabal el-Bottom (au sud de Tyr) et un quatrième sur le massif de l’Iqlim el-Touffah.

 

Zebqine et Jabal el-Bottom ont également été la cible de quinze obus tirés par une vedette israélienne. Ces tirs (démentis par un porte-parole militaire israélien) sont intervenus quelques heures après la volée de Katiouchas qui ont visé la zone occupée. Le Hezbollah a indiqué qu’il avait bombardé deux fortins israéliens à Birket Richa et Dahr el-Jamal. Une source de sécurité dans la zone occupée a confirmé ces tirs mais a précisé qu’ils n’ont pas fait de victimes.

 

A Jérusalem, un communiqué de l’armée israélienne cité par l’AFP a indiqué mercredi que plusieurs obus s’étaient abattus en territoire israélien. Un porte-parole militaire à Tel-Aviv a d’autre part indiqué à l’AFP que plusieurs roquettes de type Katioucha se sont abattues mardi soir en territoire israélien non loin de la frontière avec le Liban sans faire de victimes.

 

Le porte-parole a estimé que ces chutes d’obus et de roquettes en territoire israélien « constituent une infraction aux arrangements de 1996 ».

 

UN CASQUE BLEU BLESSE

 

D’autre part, un casque bleu fidjien a été gravement blessé mercredi par des tirs non identifiés et a été évacué à l’hôpital de campagne de la FINUL, a rapporté un officier de la Force intérimaire des Nations Unies.

 

Le casque bleu a été blessé dans le village d’Amriyé sur la route côtière au sud de Tyr et transporté à l’hôpital de Naqoura, a précisé l’officier.

Tirs de l’ALS sur une position de la FINUL: un Casque bleu tué et deux autres blessés (L’Orient-Le Jour du mardi 1er juin 1999)

Armée du Liban-Sud, Armée Israélienne (Tsahal), FINUL, Hezbollah

A l’approche du retrait de l’ALS de Jezzine, le Liban-Sud vit depuis quelques jours dans une atmosphère d’escalade et de bombardements qui ont fait hier un mort et deux blessés dans les rangs de la FINUL.

 

Un Casque bleu irlandais a été tué et deux autres ont été blessés par des obus tirés par l’Armée du Liban-Sud, a annoncé le porte-parole de la FINUL, Timor Goksel.

 

Une position des Casques bleus irlandais à Baraachit, près du secteur central de la zone occupée par Israël, a été visée par un obus de l’ALS, a précisé M. Goksel.

 

« Selon notre enquête, un obus est tombé tout près du poste et lorsque les Casques bleus se sont précipités dans un abri, un autre obus a directement touché la position », a-t-il déclaré.

 

« Un Casque bleu a été tué hors de l’abri, un autre grièvement blessé a été transporté dans un hôpital en Israël et un troisième a été légèrement touché », a-t-il ajouté.

 

Selon lui, les tirs de l’ALS étaient apparemment une riposte à une attaque anti-israélienne dirigée contre l’une de ses positions près de Baraachit.

 

La FINUL a porté plainte auprès d’Israël qu’elle « tient responsable des actes des miliciens de l’ALS », a indiqué le porte-parole, ajoutant que la FINUL « attendait les résultats d’une enquête menée par Israël ».

 

A Jérusalem, l’armée israélienne a confirmé dans un communiqué que l’ALS était bien responsable de l’attaque.

 

« Un soldat irlandais de l’ONU a été tué et un autre gravement blessé par des tirs de l’ALS », indique le bref communiqué, qui ne fait pas état du blessé léger.

 

Auparavant, le ministre israélien de la Défense sortant, M. Moshé Arens, avait regretté la mort du Casque bleu, la qualifiant de « très triste ».

 

UNE LIBANAISE BLESSEE

 

Par ailleurs, la police libanaise a annoncé qu’une libanaise, Fatima Hussein Hammoud, 30 ans, avait été gravement blessée dans un bombardement israélien consécutif à une série d’attaques menées par le mouvement Amal contre la zone occupée par Israël au Liban-Sud.

 

Elle a été atteinte à la tête par un gros éclat d’obus qui est tombé sur sa maisonnette à Touline, face au secteur central de la zone occupée, a-t-on ajouté.

 

L’artillerie postée dans la zone occupée a tiré une trentaine d’obus sur les abords de trois villages, Baraachit, Touline et Qabrikha, après des attaques menées dans la nuit par Amal contre des positions israéliennes et de l’ALS. Amal a fait état dans un communiqué d’un accrochage entre ses miliciens et une unité israélienne et affirmé avoir fait des « victimes israéliennes ».

 

En outre, l’aviation israélienne a lancé trois raids dans la nuit contre des fiefs du Hezbollah jouxtant la zone occupée, sans faire de victimes.

 

Un hélicoptère israélien a par ailleurs pris en chasse lundi à l’aube un commando anti-israélien qui tentait de s’infiltrer dans la zone occupée.

Vers une reconduction du mandat de la FINUL – Nouveau Magazine numéro 1329 du 15 janvier 1983

FINUL, Guerre civile libanaise (1975-1990)

En attendant de présenter une demande pour la reconduction du mandat de la FINUL, le gouvernement libanais a reçu de ses chancelleries à Moscou et à Washington les informations suivantes : tant pour les Etats-Unis que pour l’URSS, il n’est pas question d’accepter que soient modifiés la nature et l’élargissement de la mission des Casques Bleus, et par là même du nombre des soldats y travaillant.

Cependant, les deux Grands sont en désaccord sur la durée du mandat. Si Washington est favorable à un prolongement de trois mois, Moscou voudrait le pousser à six. De son côté, Israël veut mettre fin à cette présence et la remplacer par celle de l’armée libanaise, arguant de l’incapacité de la FINUL à tenir en main le Sud depuis 1978 à ce jour. Pour le moment, les autorités libanaises complètent leur dossier avant de présenter une nouvelle demande.