La Russie en Syrie : Superbe documentaire sur les soldats tchétchènes à Alep

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Publié le pardany
la Russie repousse efficacement le terrorisme aux côtés de la Syrie et de ses alliés

Sayed Hasan

Tandis que les aboyeurs et moralisateurs patentés font leur office et versent des larmes de crocodile sur le drame syrien qu’ils ont façonné de leurs propres mains,

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Attaque armée dans un restaurant d’Istanbul : un mort, plusieurs blessés

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30 janv. 2017, 14:54
Attaque armée dans un restaurant d’Istanbul : un mort, plusieurs blessés

Une attaque armée a eu lieu dans un restaurant d’Istanbul, Anadolu Hisarı’ndaki. Selon les médias turcs, au moins une personne a été tuée et plusieurs d’autres blessées.

Les invités du restaurant turc Anadolu Hisarı’ndaki qui se trouve à Istanbul sont devenus des témoins de l’attaque armée. Au moins une personne a été tuée, deux autres blessées. Les motifs de l’attaque restent pour le moment inconnus.

Détails à suivre…

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L’armée syrienne reprend le contrôle total d’une vallée près de Damas

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La vallée du Barada, où coule la rivière qui approvisionne en eau la province de Damas, est définitivement passée sous contrôle des forces gouvernementales.

L’armée gouvernementale syrienne a chassé dimanche les terroristes de la banlieue de Damas qui abrite une importante source d’eau alimentant la capitale syrienne, a annoncé l’agence SANA, citant un communiqué diffusé par les militaires.

La vallée du Barada a été ces derniers mois le théâtre de combats acharnés entre les troupes gouvernementales et les terroristes. L’offensive lancée par l’armée visait à reprendre le contrôle de la source et d’une station de pompage. Ces hostilités ont causé en janvier des coupures d’eau importantes à Damas.

Comme l’indiquent les militaires, reprendre le contrôle de la vallée est devenu possible grâce au cessez-le-feu conclu dans plusieurs villages de la région, suite à quoi les combattants…

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A propos de la rencontre de Tulsi Gabbard avec le Président Assad

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Par Ziad Fadel
 Lorsque, finalement, Tulsi Gabbard a admis avoir rencontré le Dr Bashar Al-Assad à Damas, nous sommes devenus libres de dire ce que nous savons de son voyage. Au début, nous avons respecté ses efforts délibérés pour masquer le fait qu’elle a rencontré le Président.

Mais, elle a également rencontré le président élu Trump qui lui a dit qu’il voulait qu’elle livre un message. Le premier message était que le Dr Assad n’avait rien à craindre des États-Unis. Les États-Unis ne feront pas appel à un parti pour changer les gouvernements.

C’est pourquoi Boris Johnson, le ministre des Affaires étrangères du Royaume Uni, vient de déclarer que l’Angleterre n’avait pas d’objection à ce que le Dr Assad se présente de nouveau au poste de président.

Laissons de côté le fait que nous ne nous soucions pas des opinions d’un certain aristocrate limey ou élitiste…

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L’Égypte et la Russie signeront un accord de swap de devise

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L’Egypte et la Russie entendent utiliser leur monnaie nationale pour faire du commerce. il s’agit d’un swap de devise qui stipulerait le recours des deux parties à leur monnaie nationale en lieu et place du dollar. 
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La banque centrale égyptienne.(Archives)

l’Égypte dit avoir à l’étude un accord de swap de devise qui lui permettrait de faire ses échanges commerciaux avec la Russie en livre égyptienne.  » C’est une démarche destinée à amortir l’extrême pression que subit en ce moment l’économie égyptienne « , a confié à la presse un responsable au sein du ministère égyptien de l’Économie. Mais la mesure constitue également un défi lancé à l’endroit du dollar de plus en plus boudé par des États aux politiques indépendantes telles que l’Iran, la Russie, la Chine.

Selon ce responsable égyptien, les échanges commerciaux égypto-russes en rouble et en livre pourraient réduire les pressions sur les réserves en devise du pays. Un accord…

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Pour un État kurde au Moyen Orient ?

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domhertz.com

Pendant qu’Hollande et certains leaders occidentaux cherchent à promouvoir la création d’un État palestinien qui serait une épine dans le pied d’Israël, les Kurdes ont tenté pendant tout le XXe siècle d’obtenir la création d’un État kurde indépendant comme le prévoyait le Traité de Sèvres en 1920 signé après la Première Guerre mondiale. Mais qui s’en soucie ?

Plaidoyer pour la création d’un État kurde au Moyen-Orient.

De nombreux organismes internationaux, dont les Nations Unies, l’Union européenne et la Ligue arabe, continuent de faire pression pour la création d’un État palestinien, tout en restant sourds aux appels en faveur de la création d’un État kurde.

Pendant trop longtemps, les peuples arabes, turcs et iraniens ont utilisé la question israélo-palestinienne afin de masquer leurs propres problèmes.

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Sans la reconnaissance de la «question kurde», qui concerne quatre grands États – l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie…

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Nationalisme arabe: succès et échecs (7)

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NAISSANCE D’UNE NATION PALESTINIENNE

 

L’échec de la République arabe unie puis la défaite de 1967 ont provoqué une scission entre, d’une part, des Etats jugés « réactionnaires », tels l’Arabie Saoudite ou la Jordanie, et, d’autre part, des Etats « progressistes », tels l’Egypte qui continue à guerroyer contre Israël, la Syrie ou l’Algérie de Boumediene.

Pourtant, ceux-ci n’osent pas contraindre les premiers à utiliser l’arme du pétrole pour obliger l’Occident, et donc Israël, à quitter les territoires occupés et à appliquer la résolution 242 des Nations Unies. C’est au sommet de Khartoum qu’apparaît ce constat: certes, les Etats arabes disent « non » à Israël, mais ils disent « oui » à l’Occident: développement oblige!

Les palestiniens étaient ainsi sacrifiés, eux qui avaient rejeté la résolution 242 – parce qu’elle confirmait la reconnaissance d’Israël – et dont la résistance s’organisait dans les territoires occupés. L’OLP, créée en 1964, radicalisait sa charte en 1968: la lutte armée devient « la seule voie » pour libérer « totalement la Palestine » (article 9 et 21), « les juifs qui y résidaient jusqu’au commencement de l’invasion sont palestiniens » (article 6).

Cette radicalisation s’accompagnait d’un discours révolutionnaire, d’un appel au secours des réfugiés et des expulsés dont le nombre était passé de 500000 environ en 1948 à 1300000, près du tiers s’installant en Jordanie. Ainsi, alors que le refus arabe, depuis 1948, tolérait une certaine composition avec Israël, celui de la résistance palestinienne prenait la relève de façon radicale et donnait naissance à une nation.

L’apparition de ces palstiniens en tant que force politique ne pouvait qu’embarrasser Nasser et le roi de Jordanie, alors que les américains, avec Rogers et Kissinger, essaient de nouer les fils d’une négociation entre les arabes et Israël. L’écart s’élargit de plus en plus entre une résistance palestinienne, dont les leaders comme Georges Habache tenaient un discours révolutionnaire inspiré de Cuba, de la Chine ou du Vietnam, et l’ensemble des Etats arabes qui peu à peu se consolidaient et craignaient d’être déstabilisés par un nouveau conflit qu’auraient arbitré les russes et les américains.

Jusqu’alors, l’OLP avait été considérée comme un pion dans la politique des Etats arabes, notamment de l’Egypte, et non comme une force représentative. Or elle le devenait, prenant son autonomie en stigmatisant « les traîtres arabes » coupables d’accepter le plan Rogers sur les territoires occupés qui implique la permanence d’Israël. Nasser fait alors fermer la radio palestinienne du Caire. Plus encore, croyant pouvoir compter sur l’appui de l’Irak, la résistance palestinienne, à la tête de laquelle Habache a pris le dessus sur Arafat, envisage de détrôner le roi Hussein. Celui-ci dispose d’une armée petite mais forte qui écrase la résistance palestinienne au cours d’un « septembre noir » qui fait 3500 morts et 10000 blessés. Lors du conflit, la population palestinienne de Jordanie ne s’était pas solidarisée avec les fedayin, si bien que le Fath d’Arafat allait l’emporter sur le FPLP de Habache et imposer l’idée d’un Etat palestinien que Nasser avait d’ailleurs suggérée la veille du massacre mais que la résistance palestinienne n’avait pas voulu prendre en considération.

Cependant, il faudra attendre 1988 pour que l’OLP d’Arafat accepte à la fois la création d’un Etat palestinien et la résolution 242 des Nations Unies. Et, implicitement, celle de l’Etat d’Israël. Toutefois, celui-ci n’applique toujours pas la résolution 242 et multiplie ses colonies dans les territoires occupés. La délimitation des frontières, le statut de Jérusalem, l’existence de ces colonies, le sort des réfugiés sont désormais l’objet d’un dialogue de sourds.

Nationalisme arabe: succès et échecs (6)

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LA REPUBLIQUE ARABE UNIE

 

Mais l’effet de souffle du succès de Suez sur la population égyptienne et dans le monde arabe rendit possible la réalisation d’une première étape de l’unité arabe: le Baath syrien en fut l’artisan « pour que l’Egypte ne devienne pas un obstacle à un autre processus d’unification ». L’égyptien moyen ne se sentait pas encore vraiment arabe. Michel Aflaq et Salah Bitar pensaient que l’initiative du Baath syrien l’y aiderait. Ainsi fut proclamée la République arabe unie en 1958 qui unit ces deux pays mais à laquelle l’Irak fait bientôt obstacle. « Frappez, mais frappez fort », avait conseillé Nouri Saïd aux anglais avant l’expédition de Suez. Au projet de République arabe unie, il oppose une fédération entre l’Irak et la Jordanie dans laquelle il entend intégrer le Koweït – première tentative d’annexion sous prétexte du caractère « illégitime » de cet Etat.

Mais le souffle de la victoire de Nasser est tel que le régime de Nouri Saïd s’effondre à la suite d’un coup d’Etat militaire soutenu par un déchaînement populaire: la famille royale est massacrée, Nouri Saïd exécuté. Les deux vainqueurs, les généraux Abdel-Salam Aref et Kassem se séparent, le premier soutenu par le Baath voulant se joindre à la RAU pour que l’unité arabe gagne une nouvelle étape, le second s’appuyant sur les minorités kurdes et chiites pour perpétuer l’existence de l’Irak. Kassem l’emporte et manifeste son nationalisme arabe en n’accordant aucun statut privilégié aux kurdes de Barzani, en réclamant le rattachement du Kurdistan iranien dénommé « Arabistan », en rebaptisant le golfe Persique « golfe Arabe ». A son tour, Kassem est abattu après un premier attentat auquel participe Saddam Hussein qui avait échoué, mais sa résistance avait mis fin à l’expansion du nassérisme.

Dans ces affaires, l’URSS avait soutenu Kassem dans sa volonté d’annexer le Koweït auquel l’Arabie Saoudite et l’Egypte avaient au contraire apporté leur soutien. « L’unité arabe ne peut se faire que par en bas, expliquait Nasser, non par une annexion venue d’en haut ». Nasser soutient pourtant un putsch militaire au Yémen, celui du colonel Sallal en 1962, l’imam Badr ralliant les tribus du désert et obtenant l’appui du roi Saoud qui avait soutenu Nasser contre les Hachémites (Irak et Jordanie) avant de mesurer les effets de son succès et de tenter de le faire assassiner: publié, le « contrat » signé par le monarque avait fait scandale.

Le projet d’union arabe bute au Yémen où les troupes de Nasser – plus de 40000 hommes – ne parviennent pas à s’imposer. Un compromis doit être passé avec le successeur de Saoud, Fayçal.

Le deuxième obstacle à la constitution de la RAU fut le retrait de dirigeants baathistes de Damas, déçus par leur collaboration avec Nasser qui les écartait de la direction des affaires et conscients que les syriens n’en tiraient aucun avantage, économique ou tout autre. Au-delà des gesticulations sur leur parenté, au fond surtout l’expression d’une hostilité aux puissances occidentales et à Israël, les syriens d’un côté, les égyptiens de l’autre ne se sentaient d’identité commune que face à leurs ennemis.

Se révélait également l’opposition fondamentale au sein du monde de l’Islam entre un projet politique, celui de Nasser, clair pour le peuple parce que exprimé dans un langage à la portée de tous, démocratique à sa façon, laïc quant au fond sans avoir été délibérément conçu comme tel, à la différence d’un Bourguiba par exemple. En face se dessinait une alliance inévitable entre les princes d’Arabie Saoudite, foyer d’une vision intégriste de la société musulmane, et les Frères musulmans d’Egypte qui avaient aidé le pieux colonel Nasser à s’emaprer du pouvoir et se retrouvaient, pour une part, en prison.

Nationalisme arabe: succès et échecs (5)

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SIGNIFICATION DE LA CRISE DE SUEZ

 

Devant la joie que causait au peuple égyptien assemblée cette nouvelle de la nationalisation, Nasser éclata de rire, d’un fou rire que « La Voix des Arabes » retransmit au monde entier ébahi.

Ce rire de la dérision, ce grand hoquet de joie du Tiers-Monde fut entendu, grâce au transistor, de Karachi à Casablanca et Nairobi. Cette déculottée de l’Occident était la deuxième humiliation que l’Islam infligeait aux puissances arrogantes. En effet, lors de la nationalisation de l’Anglo-Iranian Company, utilisant toutes les procédures dilatoires, Mossadegh avait fait dire à l’envoyé de Washington qu’il était souffrant et ne pouvait pas le recevoir. Devant l’insistance du représentant des Etats-Unis, il le reçut dans sa chambre, en pyjama! En pays d’Islam, cette inconvenance fut ressentie comme un premier défi aux puissances coloniales et à leurs alliés américains.

Après le pyjama de Mossadegh, le rire de Nasser…

Les français se sentirent également agressés par la menace contre « l’oeuvre de Ferdinand de Lesseps ». Mais l’essentiel était ailleurs. Les dirigeants du Front républicain, Guy Mollet en tête, jugeaient, comme l’ancien et actuel gouverneur de l’Algérie Jacques Soustelle et Robert Lacoste, que les racines du problème algérien se trouvaient au Caire. Qu’on coupe les liens avec Nasser, mieux, qu’on l’élimine, et les insurgés, réduits à eux-mêmes, se trouveraient acculés à capituler.

Cette illusion aveuglante reposait sur cette idée que 120 années de présence française et 75 ans de République ne pouvaient pas sécréter un mouvement nationaliste ou islamique sui generis. Elle n’avait pour s’étayer que l’appui international du Caire au FLN, à Bandung notamment, une aide militaire, faible au demeurant, qui transitait par la Libye, et la dénonciation par Messali Hadj de cette tentation nassérienne de contrôler la délégation extérieure du FLN en Egypte. Sans doute n’était-ce pas rien; c’était en tout cas suffisant pour conduire le gouvernement français à conclure une alliance militaire avec Israël que pouvaient menacer les forces égyptiennes équipées désormais par les soviétiques. Les anglais étaient associés d’office à cette alliance, mais ils regimbaient à l’idée de s’aliéner le monde arabe en frappant l’Egypte lors d’une opération militaire conduite par Israël. « Nous interviendrons à Suez pour séparer les combattants », disaient les français. « Pour mieux pouvoir jouer ce rôle d’arbitre, ne devrions-nous pas bombarder aussi Israël? » demande Selwyn Lloyd. « Trop, c’est trop », répondit Ben Gourion qui se contenta de promettre qu’il ne toucherait pas à la Jordanie – car c’était le souci numéro un des anglais, comme l’Algérie celui des français.

A la demande des français et des britanniques, Israël attaqua donc l’Egypte et s’arrêta au bord du canal de Suez le 29 octobre 1956. Le 30, Paris et Londres imposaient leur « médiation ». Le 2 novembre, à la demande des soviétiques et des américains, l’ONU exige l’arrêt des hostilités. Les troupes de l’opération Mousquetaire débarquées à Port-Saïd durent se retirer le 7 novembre devant l’ultimatum soviétique menaçant d’utiliser « toutes les forces destructrices » et la condamnation par l’ONU.

Nasser triomphait sans avoir combattu. En ajoutant: « Décidément, je ne comprends rien à la politique américaine ». De fait, Foster Dulles estimait que c’était l’occasion de se substituer aux anciennes puissances coloniales en s’arrogeant le privilège de défendre le Moyen-Orient de la pénétration soviétique. Cette politique prit le nom de « Doctrine Eisenhower ».

Si les Etats-Unis ont pu acquérir ces avantages, c’est parce qu’ils ont été de connivence, ne fût-ce qu’un moment, avec l’URSS pour assurer le partage avec eux des responsabilités au Moyen-Orient. Cette volonté réciproque des américains et des russes de décider à eux seuls du destin du monde, cette collusion bipolaire, si elle n’est pas vraiment le résultat de la crise de Suez, c’est elle qui lui a donné corps de façon spectaculaire.

Simultanément, effet réel de Suez, et essentiel, un « Tiers-Monde » est apparu et revendique ses droits à l’instar du Tiers-Etat, d’où son nom forgé par Alfred Sauvy. Il se veut autre chose et plus qu’une association de nations qui chercheraient un équilibre entre les grands en marquant leur autonomie par rapport à eux, comme le préconisaient les partisans du « neutralisme positif ». Car, à la conférence de Bandung, si la spécificité du Tiers-Monde s’est exprimée, elle jouait seulement de la rivalité entre les Etats-Unis et l’URSS pour exister, sans chercher à affirmer son identité, par exemple en définissant son propre mode de développement. Les participants de la conférence de Bandung disposaient encore de peu de moyens, hormis le chantage de passer d’un camp à l’autre, pour se faire entendre et recevoir de l’aide – ce que l’Est comme l’Ouest appelaient du « marchandage ».

Le premier fait nouveau, que la crise de Suez mit au jour, c’est que désormais les nations démunies, l’Egypte en tête, disposent enfin d’un atout, en l’occurrence le canal, qu’elles ont su arracher à l’Occident. Elles disposeront bientôt d’un second atout, dont Mossadegh n’avait pas réussi à soustraire le monopole aux grandes puissances: le pétrole. Le 28 juin 1956 était prise la décision de réunir la première conférence des Etats arabes le 3 décembre en vue d’unifier leur politique pétrolière face à l’Occident. Une ère nouvelle commençait.

Loin de dériver vers le communisme, comme une certaine vision déterministe de l’Histoire les y prédisposait, les pays d’Islam s’en détournaient autant sinon plus qu’ils ne se détournaient du modèle occidental. Ils affirmaient leur vocation nationale et islamique en montrant – l’Algérie par exemple – qu’une société peut sécréter à la fois une histoire qui lui appartienne en propre et une histoire qui s’identifie à celle d’une communauté, l’Islam. Ce monde avait reconnu en Nasser le pilote et le héros de cette régénérescence quand, jusqu’aux communistes égyptiens incarcérés, tout le monde arabe saluait son triomphe. Ce ralliement n’a eu d’équivalent qu’en Algérie où le PCA s’est autodissous en 1956 pour se fondre dans le FNL. Ces exemples restent exceptionnels dans l’histoire du communisme. Voici la lettre des communistes égyptiens à Nasser:

« Nous, communistes, accordons à votre politique un appui total et conscient. Nous appuyons votre attitude à la conférence historique de Bandung… Nous appuyons la lutte conséquente de votre gouvernement contre le Pacte turco-iranien, contre tous les pactes militaires et contre l’impérialisme agressif. Nous appuyons votre action pour l’unité des pays arabes en lutte contre l’impérialisme, pour la sauvegarde de leur territoire et pour la défense de notre soeur la Jordanie. Nous appuyons la déclaration Saoud-Kouatly, Nasser qui renforce l’unité arabe sur la base de l’indépendance… En vérité notre pays est fier, aujourd’hui, de cette politique nationale ».

A l’inverse, les Frères musulmans demeuraient hostiles. Cette insertion des soviétiques et des américains dans les affaires de l’Egypte constituait pour eux une ingérence inadmissible. Surtout, le régime nassérien se faisait plus tyrannique à l’égard de ceux d’entre eux qui ne se ralliaient pas à sa politique. En 1957, 21 Frères musulmans furent assassinés dans leurs cellules et autant gravement blessés. En 1966, Sayyed Qotb, héritier d’al-Banna, était exécuté.

Nationalisme arabe: succès et échecs (4)

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NASSER CONTRE L’ANGLETERRE

 

Au début des années 1950, puissance victorieuse mais meurtrie, la Grande-Bretagne de Churchill ne se résolvait pas à n’être plus que le brillant second des Etats-Unis. Dès 1952, elle faisait exploser sa propre bombe atomique.

La décomposition de l’Empire n’en était pas moins patente; et, autant que l’abandon de l’Inde, l’évacuation de l’Egypte était le symbole de ce déclin. Les forces britanniques considéraient qu’elles avaient, par deux fois, victorieusement « défendu » l’Egypte et le canal de Suez: en 1917 contre les turcs, et en 1942 contre les italiens et Rommel. Cette manière de voir n’était pas nécessairement partagée, au moins en 1942, par tous les égyptiens qui se seraient volontiers débarrassés de cette « protection ».

Au reste, connaissant ces sentiments et les revendications des égyptiens, les anglais estimaient également que l’heure des délais et des promesses était dépassée: devant la pression de l’opinion et l’aggravation de la guérilla urbaine, ils savaient bien qu’ils devaient s’exécuter, rendre son indépendance de fait à l’Egypte et quitter le pays. Dès 1947, les troupes anglaises avaient évacué Le Caire, et, en 1954, un nouveau traité anglo-égyptien prévoyait l’évacuation de la zone du canal avant deux ans. Le traité stipulait qu’Ismaïlia pourrait toutefois être réoccupée militairement en cas de menace étrangère (sous-entendu soviétique) sur la Turquie ou sur un membre de la Ligue arabe.

Entre-temps, les anglais avaient évacué la Palestine, ce que le groupe dit « de Suez » aux Communes avait jugé une grave erreur. Car, estimaient ces nostalgiques de l’Empire, « par Haïfa et les Lieux Saints, nous eussions garanti Israël et les frontières des Etats arabes…alors que l’abandon de la Palestine obligeait à reconstruire en Egypte ». Or il était clair qu’en Egypte, après le coup d’Etat militaire de Néguib et Nasser le 23 juillet 1952, il serait de plus en plus difficile de « reconstruire ». A preuve, ce traité de 1954 qui accélérait le mouvement vers l’indépendance totale de l’Egypte.

En outre, l’hostilité de Nasser au pacte de Bagdad confortait l’attitude des anglais qui, de plus, jugeaient sévèrement ce régime qui avait supprimé tous les partis politiques (le Wafd bien sûr, mais aussi le parti communiste égyptien) et qui persécutait les Frères musulmans après leur tentative d’assassinat contre lui.

Etre ennemi de l’Angleterre tout en supprimant la liberté d’expression des partis politiques, voilà ce qui eût suffi à faire de Nasser un « nouveau Hitler ».

Le premier coup porté par l’Angleterre fut d’assurer l’indépendance du Soudan, menée tambour battant, sans commune mesure, naturellement, avec les atermoiements que l’Egypte avait pu connaître. L’objectif de Londres était de couper le cordon ombilical entre l’Egypte et le Soudan alors que, bien entendu, grâce à un usage adroit de la procédure d’autodétermination, Nasser aurait souhaité maintenir une sorte de condominium soudano-égyptien, c’est-à-dire revenir au passé où, comme le notaient les éthiopiens, bien placés pour s’en souvenir, le Soudan eût fourni à l’Egypte « des terres pour ses colons, des soldats pour son armée, la sécurité pour son eau », bref, fût redevenu une dépendance.

Claironnée par l’Angleterre comme une victoire sur l’Egypte, l’indépendance du Soudan alourdit encore plus, s’il était encore possible, le contentieux anglo-égyptien. D’autant que Nasser, qui avait vécu au Soudan et y avait des attaches comme de nombreux militaires, s’était efforcé par tous les moyens de retarder l’échéance de l’indépendance, notamment en intervenant auprès des sectes « amies », proégyptiennes, tels les Ansar et les Khatima. Naturellement, il ne pouvait pas exprimer ouvertement les ambitions de l’Egypte sur ce pays traditionnellement dépendant au moment où, face à l’Occident « impérialiste », il se voulait le chantre du droit des nations à disposer d’elles-mêmes.

« Mais enfin, avait demandé Eden à Nasser lors de sa visite en Egypte quelques mois plus tôt, en février 1955, pourquoi êtes-vous hostile au pacte de Bagdad? – Je ne veux entrer dans aucun pacte avec une grande puissance. L’idée du pacte mène à la division du monde arabe, elle isole l’Egypte et met en danger l’unité arabe », avait répondu Nasser.

Heikal, le conseiller de Nasser qui rapporte ces propos, observe qu’à la différence de Foster Dulles, attentif aux paroles de Nasser, Anthony Eden n’y avait attaché aucune importance. Nasser donnait pourtant là, en clair, la clé de toute sa politique. Mais l’idée qu’une vision politique d’ensemble pût s’élaborer ailleurs qu’à Londres, Washington ou Moscou ne venait pas à l’esprit du successeur de Churchill. Or, précisément, les propos de Nasser ne se situaient pas seulement dans le contexte des relations Est-Ouest mais aussi dans le cadre d’une vision multipolaire de l’Histoire où le monde arabe finirait par s’unir et devenir un des nouveaux grands acteurs de la politique internationale.

Bientôt, en avril 1955, à la conférence de Bandung, Nasser prit conscience de cette multiplicité des mondes culturels, de leur aspiration à une identité et à une autonomie réelles tant vis-à-vis de l’Est que de l’Ouest. Mais, alors que la démarche de Nehru et de Sukarno était avant tout fondée sur les principes de coexistence entre l’Ouest et l’Est, sur ce qu’on allait appeler le « neutralisme », Nasser situait son action dans un tout autre contexte. A l’époque, sa perspective paraissait illusoire aux occidentaux, comme aux communistes d’ailleurs. L’identité islamique et arabe – pourtant si présente alors dans la conscience collective des égyptiens et d’autres peuples de l’Orient – restait, aux yeux de l’Occident, le type même du mythe. Son projet était appelé par ses adversaires, assez confusément, tantôt « panarabisme », tantôt « panislamisme ». L’univers nassérien comprenait en effet « trois cercles », celui des pays arabes proprement dits, celui des pays islamiques et celui des pays africains. Pour un européen des années 1950, un tel projet ne pouvait que trahir une volonté hégémonique rappelant celle des allemands des années 1930, Nasser reprenant le rôle de Hitler. Il entendait unifier et dominer des peuples que l’Histoire – c’est-à-dire l’Occident – avait dissociés.

Or, pour leur part, les anglais, et Eden en particulier, identifiaient le monde arabe aux arabes du désert et à eux seuls: ces arabes en burnous que le colonel Lawrence et le général Allenby avaient aidés à régénérer la nation et dont le destin avait été plus ou moins associé à la dynastie des Hachémites. Ils voulaient ignorer que le monde arabe dans le passé comme l’Islam dans le présent correspondaient à une réalité plus vaste et plus profonde qui pouvait être incarnée, à leur façon, par d’autres communautés telles que l’Egypte ou la Libye.

Proposer à l’Egypte libre, et de mauvaise grâce encore, un traité comme celui de 1954 où Nasser devait, en échange du départ des militaires anglais, promis à plusieurs reprises, garantir la liberté du canal et associer l’Egypte à un pacte dont la Turquie et l’Irak seraient les seuls garants, admettre, en outre, la réactivation de la base d’Ismaïlia en cas d’attaque contre un Etat arabe ou contre la Turquie par une puissance étrangère au Moyen-Orient, voilà qui apparaissait, d’une certaine façon, comme une capitulation de Nasser. Cette « clause turque » signifiait en effet que l’Egypte s’associait à la lutte de l’Occident contre les russes. Quel autre lien de solidarité pouvait-il y avoir entre l’Egypte et la Turquie sinon celui, naguère, de dépendance? Observateur perspicace et toujours attentif, Jean Lacouture notait que, « lors de la signature du traité du 24 octobre 1954, le visage le plus morose n’était pas celui du négociateur anglais qui venait d’accepter la liquidation de trois quarts de siècle d’occupation et de protectorat de droit ou de fait, mais celui de Gamal Abdel Nasser. « Et maintenant? » lui demandions-nous. « Maintenant, il nous reste à reconstruire notre pays ». Cela était dit du ton d’un lendemain de défaite ».

Cette signature revenait à mépriser l’Histoire, oublier que les turcs avaient été pendant plusieurs siècles les oppresseurs des arabes, que l’Egypte avait été la première, dès 1833, à indiquer aux arabes la voie de la liberté et qu’aujourd’hui le ressentiment des égyptiens à l’endroit des turcs était loin d’être dissipé. En outre, Ankara venait de raviver cette hostilité en reconnaissant officiellement l’existence de l’Etat d’Israël. Les anglais en rajoutaient en recommandant à l’Egypte d’ « imiter la Turquie » devenue Etat laïc depuis Ataturk alors que la nation arabe, dont l’Egypte entendait redevenir l’incarnation, se voulait au contraire fille aînée de l’Islam.

Quant au partenaire dont l’Angleterre voulait faire le pilote du pacte de Bagdad, l’Irak du Nouri Saïd, ce choix constituait pour un égyptien une sorte de provocation. C’était encore une fois mépriser l’histoire même de la nation arabe et ignorer la vieille rivalité entre Bagdad et Le Caire pour incarner la grandeur de l’Islam arabe que plusieurs fois dans le passé l’Egypte avait sauvé, successivement des Moghols et des Croisés. Se voulant plus arabes que les arabes, les égyptiens ne pouvaient être que les pilotes d’une Ligue arabe, ou les capitaines, en aucun cas les associés subalternes d’un groupement qui aurait compris des turcs, des arabes et des persans.

Voilà en quoi le pacte de Bagdad « divisait le monde arabe »: d’un côté l’Irak, lié aux ennemis et rivaux turcs, persans, voireaux anciens « sujets » indiens, devenus, après deux siècles de domination coloniale, pakistanais; de l’autre l’Egypte qui s’associe à des Etats vraiment arabes, la Syrie et le Yémen, sans l’interférence d’une tierce ou grande puissance.

Toutefois, pour que ce rôle d’unificateur lui fût reconnu, il fallait préalablement que l’Egypte manifestât la réalité de son indépendance. En renversant le roi Farouk, en ordonnant la dissolution du Wafd, qui tous deux collaboraient avec les anglais, les « officiers libres » de Néguib et de Nasser avaient voulu affirmer l’indépendance absolue de l’Etat, libre de toute ingérence de la diplomatie ou de l’argent de l’étranger. En ce sens, il était déjà à même d’incarner l’arabisme plus que le régime de Nouri Saïd en Irak, ou que le roi de Jordanie flanqué de son chef des armées, Glubb Pacha, un anglais arabisé. Seul Saoud d’Arabie, avec ses richesses et son contrôle des Lieux Saints, pouvait prétendre à cette incarnation. Mais Nasser et ses « officiers libres » représentaient un monde arabe nouveau, non plus celui du burnous et de la féodalité, mais celui de la petite bourgeoisie intellectuelle ou militaire. Ils figuraient le « nouveau » contre l’ « ancien ». D’où l’attraction que ces officiers exerçaient sur la petite bourgeoisie syrienne ou irakienne qui militait au Baath. Au reste, les Frères musulmans, qui avaient senti la modernité du discours nassérien, tentèrent d’assassiner le Raïs, d’où l’interdiction de la confrérie.

D’un autre côté, Nasser était complètement imperméable au marxisme, aux idées communistes: à la révolution, il préfère la réforme agraire. En tant que militaire, rien ne lui fait plus horreur que la spontanéité révolutionnaire ou les manifestations de rue. Après les Frères musulmans, ce sera au tour des communistes d’être incarcérés.

Se voulant arabe, musulman et progressiste, voire socialiste – son socialisme étant identifié moins au marxisme qu’à l’Islam -, Nasser se considère avant tout comme le chantre de la lutte anti-impérialiste ou plutôt anticolonialiste. Seul ce rôle lui donnait autorité pour parler au nom de l’arabisme, voire de l’Islam. Contrairement à ce que pensaient les anglais, les avanies et les rebuffades subies par Nasser dans ses rappots avec eux ou avec les américains ne pouvaient que le conforter dans ce rôle, voire le stimuler à aller au-delà de ce qu’impliquait son projet initial.

A part l’expulsion des anglais, le programme fondateur des « officiers libres » comportait cinq autres points concernant la rénovation intérieure: lutte contre la féodalité, lutte contre le grand capital, lutte contre le despotisme social, lutte contre le trucage politique, lutte contre l’affaiblissement de l’armée. Il n’y était pas question d’Islam.

Quant à l’Angleterre, ce qu’elle ne pouvait « reconstruire » pour le moment en Egypte, elle essayait de l’accomplir, grâce au pacte de Bagdad, à partir de l’Irak et de la Jordanie. Car, aux yeux des anglais, cette lutte d’influence n’avait pas seulement pour priorité « de maintenir les soviétiques loin du Moyen-Orient ». Il s’agissait également de prévenir la poussée américaine de plus en plus sensible depuis la Seconde Guerre mondiale. Tout près du monde arabe, les Etats-Unis avaient déjà pris pied en Iran avec la mission Harriman consécutive à la nationalisation de l’Anglo-Iranian Company et contribué au rétablissement du Chah. Certes, l’Angleterre y trouvait son avantage, mais les Etats-Unis n’en avaient pas moins pris sa place, la place prépondérante dans les affaires iraniennes. En Turquie comme en Grèce, l’influence américaine s’était substituée à celle, traditionnelle, de l’Angleterre. Dans le monde arabe lui-même, indépendamment de l’Egypte où le nouveau régime avait essayé de se rapprocher des Etats-Unis, l’Angleterre avait aussi perdu sa position privilégiée en Arabie Saoudite entièrement contrôlée par l’Aramco.

Le point fort de la position anglaise, son enracinement le plus profond, était la double monarchie Hachémite, en Irak et en Jordanie. En Irak, Nouri Saïd, vieux compagnon des luttes menées aux côtés des anglais contre les turcs, n’imaginait pas que le monde arabe, ressuscité grâce aux anglais, pût jamais survivre sans eux. Il l’avait confié à Anouar el-Sadate qui professait précisément la vision inverse: celle de la marche des arabes vers leur unité. Prêt à signer le pacte que le Foreign Office souhaitait et qui restituait à l’Angleterre le leadership qu’elle était en train de perdre, l’Irak de Nouri Saïd était ainsi, pour Londres, l’allié modèle qui, en plus, contrecarrait au sein de la Ligue arabe toutes les tentatives d’hégémonie de l’Egypte. Aussi Nasser ne cessait-il d’attaquer l’Irak, l’accusant de trahir le monde arabe s’il signait un pacte avec les impérialistes.

En Irak, la position de Nouri Saïd paraissait solide. Au sein de la Ligue arabe, il ne manquait pas non plus d’alliés qui craignaient l’orientation « progressiste » de Nasser, condamnée au demeurant par les Frères musulmans. Il sut ainsi attaquer l’Egypte sur son point faible, ce traité de 1954 avec l’Angleterre, précédent contestable du point de vue arabe puisque, le premier, Nasser avait garanti la sécurité de la Turquie. Nouri Saïd fit ainsi savoir qu’à tout prendre il restait aussi libre de ses mouvements que Nasser et qu’il était sans doute plus « arabe » que lui.

Pour constituer le premier maillon du pacte, l’Angleterre avait laissé jouer l’Irak. Pour y greffer la Jordanie, elle prit l’affaire en main. Cela lui semblait d’autant plus aisé que la Jordanie n’avait d’existence, outre la personne de son roi, qu’à travers la Légion arabe que commandait l’anglais arabisé Glubb Pacha. Mais, étant donné les remous qui secouèrent le petit royaume et devant la pression de l’opinion, le roi Hussein décida de renoncer à adhérer au pacte de Bagdad.

Ainsi Nasser et « La Voix des Arabes » pénétraient-ils et agissaient-ils jusqu’au coeur du sanctuaire anglais en pays arabe: pour les britanniques, cette « agitation » devenait intolérable. Elle affaiblissait leur rôle et faisait échec à la politique menée en commun contre la pénétration soviétique. Londres n’était même pas payée en retour pour la position anti-israélienne adoptée par Eden dans son discours de Guidehall affirmant qu’israéliens et palestiniens devaient tenir compte des résolutions prises par l’ONU en 1947 concernant les frontières d’Israël. Quand le ministre d’Eden, Selwyn Lloyd, fit une tournée dans le monde arabe, il fut lapidé à Bahreïn aux cris de « Nasser! Nasser! ». Quelques jours plus tard, le Yémen signait un pacte d’assistance avec l’Egypte. Décidément, pour Eden, Nasser était bien l’ennemi numéro un.

Le refus de Foster Dulles une fois connu, la décision de nationaliser le canal avait été prise quasi instantanément par Nasser. Elle ne fut cependant rendue publique qu’une fois montée l’opération de mainmise sur le canal. C’est un discours de Nasser qui devait déclencher l’opération, les forces égyptiennes se saisissant de la Société au moment précis où Nasser dirait que « Monsieur Black lui rappelait le français Lesseps, qui était à l’origine de la mort de tant de martyrs égyptiens lors de la construction de ce maudit canal ». Nasser continuait alors son discours en disant qu’Assouan ne répéterait pas l’expérience de la construction de Suez en 1869 car c’est l’argent que rapportait le canal qui financerait le barrage.